Objectifs Climat

Quelques rappels

--

Je vous propose de formuler l’objectif ainsi : conserver des conditions de vie aussi pérennes que possible en limitant le changement climatique entre +1,5° et +2°C — comme s’y sont engagés les pays signataires de l’Accord de Paris.

Ce précédent article résume le rôle des activités humaines dans les dérèglements climatiques ainsi que les menaces qu’un réchauffement climatique supérieur à +2°C font peser sur nos sociétés.

Source : NOAA Climate.gov

Le principal déterminant du changement climatique est la concentration de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère à l’échelle de la planète.

Le Résumé à l’intention des décideurs du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC, page 2) établit que la très forte augmentation de cette concentration ces dernières décennies est due aux émissions de GES des activités humaines. Le CO2 se dégradant très lentement dans l’atmosphère, les nouvelles émissions s’ajoutent aux émissions passées. Plus la concentration de CO2 augmente, plus le climat se réchauffe. A l’inverse, plus vite on baisse les émissions, plus on réduit les risques liés au changement climatique.

Source : NOAA Climate.gov

Les émissions de GES sont exprimées en CO2 équivalent (CO2e) pour rapporter le pouvoir de réchauffement global de plusieurs GES, comme le méthane et le protoxyde d’azote, à celui du seul dioxyde de carbone (CO2).

La tonne de CO2 équivalent par an par personne (t CO2e/an/personne) est une mesure fréquemment utilisée pour exprimer les émissions d’une population. Elle permet de comparer les émissions historiques et actuelles avec les objectifs.

Pour limiter le réchauffement entre +1,5° et +2°C, l’empreinte carbone moyenne à l’échelle mondiale doit être de l’ordre de 2 t CO2e par personne et par an d’ici 2050, voire moins.

Nota bene 1 : cet indicateur est une moyenne. Il mesure les émissions à l’échelle planétaire rapportées à la taille de la population mondiale. Elle n’implique pas que ces émissions soient réparties de façon égale entre les personnes ou les pays. Seul le volume global de GES dans l’atmosphère accumulé dans le temps est déterminant, non sa répartition géographique. Il est cependant probable que des écarts trop grands entre pays ou personnes deviennent sources de tensions sociales et/ou géopolitiques.

Nota bene 2 : l’objectif 2 t CO2e par personne et par an d’ici 2050 n’est pas indiqué tel quel dans les rapports du GIEC : il est “calculé sur des données issues du GIEC”. Ce budget dépend de nombreuses variables qui ne sont pas du ressort des scientifiques mais de choix collectifs :

  • le {réchauffement visé} et {le niveau de probabilité} ce qui détermine le {budget carbone},
  • la {taille de la population},
  • la {répartition de ces émissions dans le temps}
  • etc.

Cet objectif apparait par exemple dans la loi de 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement.

--

--

Pierre Peyretou

I help people and companies build a low-carbon economy, ESCP Affiliate Professor