Climat : 10 minutes pour cadrer un débat “Maintenant on fait quoi ?”

Quelles actions mener face au changement climatique ? Le débat est difficile et indispensable : difficile car les sujets sont complexes, nombreux, parfois clivants. Indispensable pour transmettre ses connaissances, mieux comprendre les blocages et trouver des solutions. Mon conseil : commencer le débat par un rappel des faits de 10 minutes pour cadrer les échanges et faciliter le passage à l’action.

A titre bénévole et professionnel, je forme des animateurs de la Fresque du Climat. L’atelier explique les mécanismes et les conséquences du changement climatique. Il se déroule en groupe pendant 3h et se termine par un ‘débrief’ : chacun exprime une émotion, puis propose une idée d’action. Et là forcément, il y a débat !

  • [5 min] Méthodes pour orienter le débat vers des actions, paragraphes 6, 7, 8, 9.

1. [1 min] Rappeler les faits : la température moyenne en France a augmenté de +1°C au 20e siècle.

Augmentation des températures annuelles en France de 1899 à 2019. Source : ShowYourStripes.info

2. [1 min] Décrire les menaces : “+2°C, +3°C, +5°C… et alors ?”

L’Europe au dernier maximum glaciaire, il y a environ 20 000 ans. Source : Wikipedia
  • Aujourd’hui + 2 à 5°C sur une période de 200 ans = ?!?

3. [1 min] Alerter sur l’urgence : plus les actions tardent, plus la situation s’aggrave.

Les trajectoires sociaux-économiques communes : Shared Socioeconomic Pathways (SSPs). Source : Global Carbon Project
  • En gris, les scénarios d’émissions suivant la tendance actuelle,
  • En vert, en bleu et en jaune, les scénarios d’émissions résultant de politiques de réduction plus ou moins ambitieuses.

4. [1 min] Loin de baisser, les émissions augmentent rapidement (pré Covid-19)

Les sources d’émissions de CO2 dans le monde. Source : OurWorldinData.org

5. [1 min] Et pour cause : les sources d’émissions sont au coeur de notre modèle de développement.

Le mix énergétique mondial en 2019. Source : OurWorldinData.org

6. [1 min] Pour les actions, il n’y a pas de recette miracle : il faut travailler sur toutes les pistes.

Voici un exemple de propositions qu’une personne fait quand elle découvre l’urgence climatique :

  1. “Il faut développer d’autres sources d’énergies.” Oui, mais… elles sont soumises à d’autres contraintes et causent des pollutions : rendement énergétique plus faible, consommation de métaux plus forte, stockage plus difficile, etc.
  2. “Il faut améliorer l’efficacité énergétique.” Oui, mais… historiquement, les gains n’ont été que de quelques pour-cent comme l’indique ce graphe. De plus, une plus grande efficacité énergétique peut augmenter la consommation globale : c’est l’effet rebond.
  3. “Il faut contrôler la taille de la population.” Oui, mais… l’inertie démographique inscrit ces changements sur le temps long alors qu’il est urgent d’agir. De plus, les pays en forte croissance démographique comme les pays africains ont une empreinte carbone bien plus faible que les pays occidentaux. Un rapport Oxfam estime qu’entre 1990 et 2015, les 10% les plus riches de la population mondiale ont émis 52% des émissions de carbone.
  4. “Il faut capter le carbone dans l’air.” Oui, mais… les technologies sont encore au stade d’expérimentation. Même à plein potentiel, elles ne permettraient de capter qu’une portion réduite des émissions.
  5. “Il faut réduire la consommation d’énergie et de ressources naturelles.” Oui, mais… historiquement, l’amélioration des conditions de vie est passée par une plus grande consommation d’énergie. Autant on peut imaginer une “sobriété heureuse” dans les pays riches, une baisse de la consommation de ressources pour un niveau de vie équivalent, autant le développement de nombreux pays passera par une plus grande consommation d’énergie.

7. [1 min] Objectif : rester sous les +2°C et diminuer l’empreinte carbone par Français de 80%, de 12t à 2t CO2/an.

Eclatement de l’empreinte carbone moyenne d’un Français, Source : ravijen.fr
  • la répétition des comportements : la voiture est le 1er poste d’émission car des millions de Français l’utilisent chaque jour pour se déplacer.

8. [2 min] Devenons acteurs, plaçons-nous au centre du débat.

Le “Triangle de l’inaction” illustre une situation de blocage collectif où chacun pointe du doigt les responsabilités des autres. Lien source
  1. Les blocages et leurs solutions résultent de décisions individuelles et collectives.
  2. Nos comportements individuels participent à des équilibres économiques et sociaux plus larges. La question “Que peut-on faire ?” devient “Comment sortir ensemble de cette situation ?”. Les initiatives à prendre apparaissent alors à trois niveaux : personnel et familial, professionnel et associatif, citoyen.

9. [1 min] Et agissons individuellement et collectivement à 3 niveaux.

  1. Dans la sphère professionnelle : participer à la transition écologique des organisations par la sensibilisation de leurs employés, le développement d’alternatives bas-carbone de leurs offres et de leurs processus internes. De plus, les horizons de temps de ces enjeux force à les intégrer dans les parcours professionnels d’une part croissante des actifs.
  2. En tant que citoyen : le changement climatique dépasse les oppositions politiques et partisanes. Toutes les offres politiques doivent intégrer cette dimension dans leur programme. Voter aux élections locales, nationales et européennes est l’action la plus évidente. Participer à des Marches pour le climat et sensibiliser les élus sont d’autres exemples d’initiatives politiques.

Bons débats !

I help people and companies build a low-carbon economy.

Get the Medium app

A button that says 'Download on the App Store', and if clicked it will lead you to the iOS App store
A button that says 'Get it on, Google Play', and if clicked it will lead you to the Google Play store